Les Bons Vivants
Titre : Les Bons Vivants
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Année : 1965
Réalisateur : Gilles Grangier, Georges Lautner
Scénario : Michel Audiard, Albert Simonin
Acteurs :

Bernard Blier (Charles Labergerie)
Louis de Funès (Léon Haudepin)
Mireille Darc (Eloïse)
Jean Richard (Paul Arnaud)
Bernadette Lafont (Sophie)
Hubert Deschamps (le juge Hardouin)
Philippe Castelli (Boudu)
Albert Rémy (le policier)
Dominique Davray (Madame Blanche)
Franck Villard (Monsieur Marcel)
Henri Virlogeux (le médecin)
Jean-Luc Bideau (un client)
Jacques Legras (un client)
Jacques Marin (le déménageur)
Andréa Parisy (Lucette)
Jean Lefebvre (Maburon)
Pierre Bertin (le président du tribunal)
Darry Cowl (l'avocat de la défense)
Jean Carmet (le voleur de la lanterne)
Bernard Dhéran (l'avocat de la partie civile)

Durée : 1h40  

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(publié sur le site)

Dialogues: Les Bons Vivants

- Y'a des jours où on sait même pas l'goût qu'pourraient avoir les choses !... On voudrait s'dissoudre... Plus penser... C'est le drame de l'homme, ça !... Pas pouvoir s'arrêter d'penser...
B.Blier

- Oh, ben, dis donc ! C'est pas mon jour !... Le toubib m'a regardé l'blanc d'l'úil... Il a eu l'traczir !... J'ai la maladie des chefs d'entreprises ! Y m'ordonne l'arrêt complet...
- Ben, d'toute façon, qu'on ferme sur décret ou sur ordonnance... Ah-ah-ah-ah !
- J'admire la gaieté d'madame !!!
- Oh, te vexe pas, Gros. C'est pas avec ta santé que ch'plaisante. C'est avec les rêveries des cavettes... Tu sais pas la dernière ?... Tu sais pas c'que Solange et Mauricette m'ont annoncé ?...
- Ah, m'pose pas d'devinettes c'matin, j'arrive pas à émerger !
- Ben, ces dames s'exportent ! Elles visent la carrière américaine...
- Bravo, mes mignonnes... Vous avez du coeur... Et on peut savoir quelle Amérique vous risquez ?
- Du Sud, Monsieur Charles !
- Alors-là, j'dirais même que vous avez d'la santé !
- Elles marchent au mirage du peso ! Du bolivar, du cruzeiro et du cordoba !
- J'dis pas qu'c'est pas des monnaies agréables à changer ! Mais avant, faut les faire venir !... Et si vous parler pas l'espingo ou le portugais, j'vous vois pas gagnantes !
- On fait une heure d' Assimil tous les soirs...
- D' Assimil...
- Oooh !... Mais c'est pas dans l' Assimil que t'apprendras à reconnaître un va-nu-pieds d'un client !... Là-bas, y s'ressemblent à s'y tromper ! Tu peux, facile, virer un planteur et faire bon accueil à un désespérado !
B.Blier/D.Davray

- Ben, messieurs, tout ça, c'est du passé ! De l'imagerie ancienne !... La joie n'est p'us d'ce monde !... La maison est fermée, et j'doute que vous en trouviez une d'ouverte !
- Ah, mais alors ?... À quoi ça va servir, maintenant, le Salon de l'Auto ?
- Ben, faudra l'faire à Abidjan !... Ou à Hong Kong !... Parce que c'est là-bas qu'le touriste ira porter ses devises, maintenant !... Et encore, ch'parle du connaisseur !... De l'homme de goût !... Parce que le vacancier style plein air, le genre romano, alors-là, on facilite, hein !... On flatte tous ses vices !... La pêche sous-marine, les châteaux d'sable, Honolulu à La Varennes, toutes les conneries, quoi !... Au pays d'Descartes !... J'vous laisse juge !...
B.Blier/J.Legras

- Papa buvait... Maman buvait... Y s'tabassaient terrible... La maison était un enfer, vous n'pouvez pas savoir c'que c'est...
- J'ai lu Zola...
- En quarante-trois, Papa a été fusillé par les Allemands...
- Aaah...
- Il avait déserté d'la L.V.F....
- Ah, oui, c'est...
- En quarante-cinq, Maman a été tondue et jetée en prison... Je m'suis retrouvée seule pour élever mes trois p'tits frères... J'avais douze ans et j'ai commencé à connaître les hommes...
- Oh la-la-la-la-la-la...
- Je n'sais pas si votre Monsieur Zola parle de ça...
- Lui, peu. Mais alors, Eugène Sue, énormément... Non, c'est... Non, mais, ça fait rien, continuez...
- Une aventure malheureuse... Un grand amour déçu... La poupée qu'on jette... Puis la pente fatale... La noce, quoi... J'ai un peu improvisé jusqu'au jour où j'ai rencontré Marcelo... Ah, lui, c'était un perfectionniste, y m'a fait faire mes classes... Le Palais Oriental à Brest, le Panier Fleuri à Toulon, le Topol d'abord, puis la Madeleine... Si j'avais la santé, à l'heure qu'il est, ch'rais p't-êt' aux Champs-Élysées !... Mais un soir qu'il neigeait et qu'ch'faisais des grâces devant la Brasserie Weber...
- Oui, attendez... Un jeune homme est sorti... Il vous a glissé une boule de neige dans l'dos... Et vous avez attrapé une fluxion de poitrine...
- Comment vous l'savez ?
- Victor Hugo !
M.Darc/L.de Funes

- Dans notre métier, ce qui tue, c'est les étages

- Vingt-cinq années d'labeur, M'sieur l'Président !... De jour, comme de nuit !... Entre quatre murs, comme à la trappe !... Toujours sur la brèche... Et l'úil à tout !... L'espérance d'une vieillesse tranquille... Et puis, tout d'un coup... Le trait de plume !... Le décret scélérat qui abolit la propriété !... Et une fois à la rue, qu'est-ce qu'y devient le pauvre homme, hein ?... Une proie !... Tous les cannibales qui lui secouent son carbure... Ah, entre les chacals de la Bourse, les vautours de l'immobilier et les requins du placement industriel, c'est le grand régal !... Elles ont beau spiel, les éconocroques ! Vous voyez d'ici l'carnage, M'sieur l'Président !... L'homme à terre, piétiné, qu'on achève... Et encore... L'homme est taillé pour la lutte... Mais la pauvre femme !... Hein ?... La pauvre femme !... La mienne, c'est bien simple, elle s'est mise à s'momifier, M'sieur le Président !... À s'momifier ! Jour après jour... Un chagrin pire qu'un cancer...
- Madame se meurt ?
- Madame est morte !
- Oooooh !
- Ils ont de la culture...
- Tenez ! Madame est morte !... Vous qui l'avez connue les filles, vous pouvez dire si c'était pas une méritante !... Y m'l'ont butée, ma P'tite Reine...
B.Blier/Le magistrat

- Quand une patrie vous traite comme elle nous traite, éh ben, y'a pas à insister... Y'a pas à s'attarder, ni à espérer des jours meilleurs... Faut aller s'défendre hors des frontières...
- Vous z'avez p't-êt' raison, M'sieur Marcel.
- Y'a pas d'peut-être !... C'est une certitude !... Hum... Tahiti. Tu connais ?... Hum... Les palmiers... Le lagon... Tra-ou-la-ou-la... Ah, dis donc, mais une mignonne comme toi, là-bas, mais c'est la ruine du micheton !... Et attention !... Quand j'dis micheton, faut s'entendre !... Rien qu'de l'atomiste et du haut fonctionnaire !... Tiens, un pronoswtic... On s'barre tous les deux, hum... T'amènes Clara, ta pote, puisque t'as l'air de pas pouvoir t'en séparer... Éh ben, dans deux piges, t'es taulière et elle sous-maq' !... C'est pas un programme chatoyant ? Hein ?
F.Villard

- L'autorité conduit souvent à l'isolement qui conduit les empereurs sur les rochers et les célibataires dans les cuisines.

- Le poulet tutoyant, je déteste ça.
A. Remy