Scénariste

Sur l'ensemble de sa carrière, Michel Audiard ne construira qu'une vingtaine de scenarii. Amoureux de litterature, Michel Audiard ira puiser son inspiration dans les polars de la Série Noire notamment. Pour Audiard, le livre est un bon moteur de départ, et même si l'on en garde presque rien, on dispose de l'essentiel, l'épaisseur, la chaire. "Quand on me parle de crise des sujets, ça me fait marrer. Ils n'ont qu'à aller à la Bibliothèque Nationale, il y a vingt millions de sujets qui les attendent. Alexandre Dumas, c'est le meilleur scénariste du monde. Seulement, ça donne de la peine. [..] Un livre, c'est plus difficile, non seulement il faut le lire, mais encore comprendre ce qu'on peut en faire. Alors là, c'est toute une histoire...". Connaissant Simenon sur le bout des doigts, il adaptera plusieurs de ses romans, dont les fameux Maigret, réalisés par Jean Delannoy, avec Jean Gabin. Mais c'est avec son ami Antoine Blondin et Un singe en hiver qu'il réalisera l'une de ses plus belles adaptations. Un film ou la gouaille poétique du tandem Gabin/Belmondo se noie dans l'ivresse de leur éthylisme.

La construction étant le talon d'Achille d'Audiard, il sait s'entourer de confrères qui lui fournissent la trame, le patron sur lequel il brodera ses perles. Parmi eux, Albert Simonin. Ce spécialiste de la langue verte et du roman noir, qui publia le Petit Simonin illustré en 1957, était déjà passé au cinéma en 1953 avec l'adaptation de l'un de ses romans, Touchez pas au grisbi, film où il collabore avec Audiard. Une expérience qui se renouvellera par la suite avec notamment Le cave se rebiffe (1961) et Les Tontons flingueurs(1963). Simonin ne se contente pas d'adapter ses propres romans. Scénariste à part entière, il devint un professionnel du film policier. Le trio Simenon (auteur), Simonin (scénariste) et Audiard (dialoguiste) fera même office de label dans les polars des années cinquante et soixante. Mais Simonin, qui considère que sa carrière au cinéma fait de l'ombre à ses livres, retournera à la litterature après Le pacha en 1968. Parmi les scénaristes avec lesquels Audiard travailla, on pouvait noter une certaine spécialisation : Alphone Boudard pour les histoires de truands, Alexandre Jardin pour les faits de société, France Roche pour les histoires de femmes.