Réalisateur

Michel Audiard franchit le pas le séparant de la réalisation à la fin des années soixante. De 1968 à 1974, il réalisera 9 films, aux titres qui semblaient tout droit sortis de ses dialogues. Un autre amateur de bons mots rendra l'un de ces titres célèbres, celui de son premier film, Faut pas prendre les enfant du bon Dieu pour des canards sauvages. Décrivant brièvement la crise qui mis sont régime en péril, le Général De Gaulle, durant sa conférence de presse du 9 Septembre 1968 au cours de laquelle il annonça notamment le référendum, ne ménage pas ses sarcasmes. Selon lui, les causes de cette crise étaient "le vertige qu'éprouve le pays devant sa transformaion rapide[..], l'esthétique de la contradiction [..], et l'étrange illusion que le néant allait, tout à coup, engendrer le renouveau, que les canards sauvages étaient les enfants du bon Dieu". A Gabin qui lui faisait remarquer que c'était un drôle de titre, Audiard répliquait "plus maintenant que le général l'a cité". Pourtant, ce n'était pas sans difficulté qu'il l'avait fourgué aux exploitants des salles de cinéma, furieux disait-il, de la longueur du titre.

Après ce premier succès viendront d'autres films: Une veuve en or (1969), Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas...elle cause (1970), Le cri du cormoran le soir au dessus des jonques (1970), Le drapeau noir flotte sur la marmite (1972), Elle cause plus, elle flingue (1972), Vive la France (1973) - un documentaire montage avec la voix d'Audiard où il épingle notamment De Gaulle, Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1973), Bons baisers, à lundi (1974).

Considérés comme baroques et avant gardistes par certains, comme des délires imbuvables par d'autres, ces films remportèrent des succès différents auprès du public. Néanmoins, on peut considérer que leur entrée au Panthéon du cinéma français n'est pas à l'ordre du jour. Voici d'ailleurs comment Audiard parlait de son expérience de réalisateur: "Un malentendu. Je n'ai réalisé qu'un seul film que je voulais faire, le premier [..] Les autres, c'était des commandes imbéciles. A part des choses qui me tiennent vraiment à coeur, n'importe qui serait plus à même de tourner un film. Dès que j'ai plus de deux acteurs dans le champ, c'est la nage complète". Audiard abandonnera la réalisation pour retourner à ses premières aours, là ou personne ne pouvair rivaliser avec lui, les dialogues.