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Audiard - Acteurs - Blier - Cycliste - Copains - Dialogues - Famille - Gabin - Hunebelle - Journalisme
- Lautner - Michel - Nouvelle Vague
- Oseille - Personnages
- Réalisateur
- Scénariste - Trémoille - Ventura - Vie éternelle
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| Personnages |
Le cinéma d'Audiard n'est pas fait que de dialogues. Des barbouzes, des caves, des michetons garantis croisade, des demi-sel, des kadors, des grands ducs, des bois sans soif, des pharmaciens de seconde classe, des cons de première, des donneuses, des pousses mégots... L'univers d'Audiard est rempli de personnages qui puisent leur authenticité, leur profondeur dans les dialogues et les mimiques concoctés sur mesure par Audiard & Co. "Le meilleur personnage pour un scénariste, c'est le flic. Vous frappez à une porte et vous dites "Police!". Et derrière la porte, je mets qui je veux. Ca peut être un chinois comme un indien à plumes. [..] Je peux construire n'importe quel polar si j'ai un grand acteur pour jouer le poulet". Et il en aura. Gabin en divisionnaire intègre, Belmondo en jeune inspecteur aux méthodes de voyou, Serrault en détective cynique et résigné. Ayant débuté dans la Série Noire, Audiard éprouvera toujours du plaisir à construire le rôle du flic, lequel personnifiait selon lui la revanche des hônnetes gens sur le loubard. Chez les truands aussi Audiard saura distinguer différentes classes. La bourgeoisie du milieu est composée de truands en complet veston, à tendance aristo et culture artistique. Là encore, Gabin fera des étincelles en grand ponte du banditisme, agissant autant avec les méninges qu'avec les calibres. A l'inverse, le prolétariat du gangstérisme, s'il songe parfois à la révolte, oublie bien souvent que manier la gachette ne suffit pas. Les Volfony brothers, alias Bertrand Blier et Jean Lefevre, paieront de leur personne pour l'avoir négligé dans Les tontons flingueurs. Avec Audiard, l'image mythique du truand impassible au regard d'acier et au flingue chromé en prend un coup, même si les durs existent encore. Pour interpéter les porte-flingues, André Pousse sera plus vrai que nature. A tel point qu'un jour dans un bar, un voyou marseillais est venu lui serrer la main en le félicitant de ne pas tenir le calibre comme un bouquet de fleur, et lui demanda s'il n'avait pas acquis l'expérience ailleurs que sur le petit écran. Dans ce monde de brutes, il n'est pas rare de voir apparaître quelques grammes de finesse, en la personne de Mireille Darc notamment. Elle va permettre à Audiard d'assouvir, avec tendresse, sa tendance macho-mysogine. Audiard croyait foncièrement à cette domination du sexe dit faible , croyance qu'il enfouissait sous une bonne dose de cynisme. "On dit que je ne sais pas faire parler les femmes. Que j'en fait toujours des connes ou des salopes. Qu'est ce que vous voulez... Je ne peux pas m'identifier et me faire croire que je pense sous des nattes". Ayant du mal avec les mots et les scènes d'amour, il lui arrivera de rendre les femmes plus masculines, agiles en affaire comme au plumard et maniant le 11.43 aussi facilement que le rouge à levres. Françoise Rosay puis Annie Girardot personnifieront ces charmantes dames capable de semer la terreur parmi un gent masculine aux allures de ballon de baudruche, souvent incarné par Bernard Blier. |