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Audiard - Acteurs - Blier - Cycliste - Copains - Dialogues - Famille - Gabin - Hunebelle - Journalisme
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| Copains |
"L'enclos", la maison de Dourdan, une retraite où la table de travail est plus généralement recouverte de bouteilles de bon vin que de scenarii manuscrits. Comme il ne supporte pas la solitude, les amis d'Audiard tiennent une grande place dans la propriété de campagne. Durant le week-end, les chambres sont bien souvent toutes occupés par les membres de la "garnison Audiard": René Fallet, Jean Carmet, Maurice Biraud, Francis Blanche, Georges Brassens, Jean Gabin, Bernard Blier, Lino Ventura ou André Pousse en forment les premières lignes. Comme champ de bataille, la table offre un matériel propice aux confrontations. Gourmand, Audiard y siègeait de manière quasi-féodale. "Il avait le goût de la soupe chaude" disait de lui Jean Carmet, et il trépignait comme un bébé au moment des repas. Face à lui la résistance s'organisait avec des premières fourchettes come Gabin et des "quadrilles de machoîres" comme Ventura, prêt à buter le premier qui s'approchait trop près du civet. Les discussion d'après repas, réchauffées par les 12,5° des bouteilles vides, donnaient lieu à de véritables exécutions en place de Grève. Frédéric Dard se souvient du plaisir qu'ils avaient à jeter leur confrères en patûre à Audiard, dans le rôle du bourreau au vocable aussi acéré q'une lame de guillotine. Certains week-ends furent dignes de Stalingrad ou de Verdun. Henri Verneuil se refusait d'ailleurs toujours à quitter la table de peur de faire partie de ses victimes. A des heures avancées de la nuit, et visités par les muses, il leur arrivait de s'échapper vers les étoiles, comme ce soit de juillet 1969 où, éprouvant l'ivresse de l'altitude, ils rejoignirent Armstrong quelque part dans l'espace. Pourtant Audiard arrêtera de boire en 1973, et de fumer ses Gauloises en 1982. "Avant, je n'étais pas un alcoolique, j'étais un ivrogne. Je suis devenu complètement sobre au lendemain d'une cuite mémorable. En compagnie de Jean Carmet, j'avais bu sans désemparer pendant neuf heures. Quand j'ai vu toutes les bouteilles vides dans la cuisine, j'ai décider de décrocher. Chez nous, en France, toutes les occasions sont propices à la biture. On boit quand ça va, On boit quand ça ne va pas. Or, en fait, l'alcool ne procure pas la gaieté, mais la cirrhose". Carmet n'oubliera jamais Audiard et l'amitié qu'il savait dispenser. Il lui rendit hommage durant la nuit des Cesars en 1991. "C'est une bien bonne chose d'avoir un ami véritable, et je te remercie, Michel, de m'avoir fait connaître ce sentiment". |